Le cadre légal, à traiter avant le matériel
C’est l’inverse de l’ordre habituel, mais c’est ce qui évite les installations à refaire.
Chez un particulier, filmer son propre domicile et son terrain ne demande aucune déclaration. La limite est le champ de vision : dès qu’une caméra capte la voie publique, le jardin ou les ouvertures du voisin, elle devient illicite. Un simple réglage d’angle, ou un masquage numérique de zone sur les modèles qui le permettent, règle le problème. Si vous employez du personnel à domicile, le RGPD s’applique et la personne doit être informée.
Chez un professionnel, trois obligations se cumulent : autorisation préfectorale pour les lieux ouverts au public, information des personnes filmées par panneautage, et consultation des représentants du personnel. La CNIL contrôle et sanctionne. Les caisses, les entrées et les réserves peuvent être filmées ; les salariés ne peuvent pas l’être en permanence à leur poste.
La durée de conservation doit être proportionnée. Un mois est un maximum courant ; beaucoup d’installations se contentent de sept à quinze jours. Un enregistreur configuré pour garder six mois d’images est un manquement, et l’installateur qui le laisse ainsi vous met en tort.
Ce qui fait une image exploitable
La définition affichée compte moins qu’on ne le croit. Une caméra 4K mal placée donne une image inutilisable, là où une 2 mégapixels bien positionnée identifie un visage.
Trois paramètres priment. La distance et l’angle d’abord : pour identifier une personne, et non simplement constater un passage, il faut un nombre de pixels suffisant sur le visage, donc une caméra proche et cadrée serré sur un point de passage obligé, typiquement une entrée. Une caméra panoramique qui surveille tout le jardin ne reconnaîtra personne.
La vision nocturne ensuite, puisque c’est la nuit que la question se pose. L’infrarouge donne une image en noir et blanc à portée limitée ; les capteurs dits « couleur de nuit » exigent un minimum d’éclairage ambiant. La portée annoncée est toujours optimiste, à diviser mentalement par deux.
Le contre-jour enfin : une caméra qui filme une porte d’entrée avec la lumière du jour derrière ne montrera qu’une silhouette noire. La fonction WDR corrige partiellement, un bon placement corrige totalement.
Stockage et accès à distance
L’enregistrement local sur NVR ou carte SD garde les images chez vous, sans abonnement, mais disparaît si le boîtier est volé : d’où l’intérêt de le placer hors de vue. Le stockage en ligne protège de ce risque et implique un abonnement et une connexion fiable. Les deux se combinent utilement.
Sur l’accès à distance, un point de sécurité trop souvent négligé : une caméra accessible depuis internet avec le mot de passe d’usine est un risque en soi, et les flux de caméras mal protégées se retrouvent indexés publiquement. Exigez le changement des identifiants par défaut et la mise à jour du firmware à la livraison.
Ce que doit contenir le devis
Le nombre de caméras, leur type et leur emplacement précis, la définition et la portée nocturne réelle, la capacité et la durée d’enregistrement configurée, le mode de stockage, le paramétrage des masquages de zone, la fourniture des panneaux d’information, et pour un professionnel l’accompagnement au dossier d’autorisation préfectorale.
Cette dernière ligne est un bon révélateur : un installateur qui ne la mentionne jamais et vous laisse gérer seul la conformité connaît mal son métier. La vidéosurveillance se combine généralement avec une alarme anti-intrusion, la caméra servant à la levée de doute.