Ce que le contrôle d’accès résout
Une clé mécanique a trois défauts. Elle se copie sans trace, elle ne dit pas qui est passé, et sa perte impose de remplacer le cylindre, voire tous les cylindres d’un immeuble. Sur un local partagé, une copropriété ou une entreprise avec du turnover, ces défauts deviennent coûteux.
Un système de contrôle d’accès attribue un droit à une personne, révocable en quelques secondes, éventuellement limité à certaines portes et à certains horaires, et journalisé. Un salarié qui part rend son badge, ou son badge est désactivé : personne ne change de serrure.
Les technologies, par usage
Le digicode convient à un accès peu sensible et à un groupe stable : local poubelles, portail de résidence, accès chantier. Son point faible est le partage du code, et l’usure des touches qui finit par révéler les chiffres utilisés. Un code se change régulièrement, ce que personne ne fait.
Le badge ou la carte (RFID, Mifare) est le standard professionnel. Chaque porteur est identifié, les droits sont individuels, la perte se traite par désactivation. Attention aux technologies anciennes de type 125 kHz, clonables avec un appareil à vingt euros : exigez un chiffrement récent.
La serrure connectée vise le résidentiel et la location courte durée : ouverture par smartphone, code temporaire envoyé à un locataire ou à un artisan, avec une date d’expiration. Vérifiez le comportement en cas de batterie vide ou de panne réseau, et l’existence d’une ouverture mécanique de secours.
La biométrie ne se justifie que sur des zones à risque réel, et sous les conditions strictes rappelées en FAQ.
L’interphone avec ouverture relève d’une logique voisine et se combine souvent au badge sur les halls d’immeuble : voir interphone et visiophone.
Sécurité incendie : le point non négociable
C’est l’erreur la plus grave et la plus fréquente. Un contrôle d’accès ne doit jamais empêcher la sortie. Toute porte sur un chemin d’évacuation doit rester libérable de l’intérieur sans clé, sans code et sans badge, par une simple poussée, et se déverrouiller automatiquement sur ordre du système de sécurité incendie ou en cas de coupure d’alimentation.
Les ventouses électromagnétiques doivent donc être à rupture de courant, avec déclencheur manuel vert à proximité. Une installation qui verrouille dans les deux sens engage lourdement la responsabilité de l’exploitant en cas de sinistre, et c’est un point que tout installateur compétent aborde de lui-même. S’il ne le mentionne pas, c’est un signal.
RGPD : les journaux d’accès sont des données personnelles
Enregistrer qui franchit une porte et à quelle heure constitue un traitement de données personnelles. Trois conséquences pratiques.
Les salariés et leurs représentants doivent être informés de l’existence du dispositif et de sa finalité. La durée de conservation des journaux doit être limitée, quelques mois au plus, et définie à l’avance. Le dispositif doit enfin figurer au registre des traitements.
Point important : un contrôle d’accès ne peut pas servir à contrôler les horaires de travail s’il a été déclaré pour sécuriser les locaux. La finalité annoncée engage l’usage, et le détournement est sanctionné.
Choisir l’installateur et le devis
Le devis doit lister les portes équipées et le type d’ouvrant, la technologie de lecteur et son niveau de chiffrement, le type de verrouillage et sa conformité à l’évacuation, le nombre de badges fournis et le coût unitaire des suivants, le logiciel de gestion avec ses éventuels frais de licence annuels, l’autonomie sur batterie, et la formation à l’administration des droits.
Ce dernier point décide de la réussite du projet : un système que personne ne sait administrer se dégrade en quelques mois, les droits ne sont plus révoqués, et l’on revient à la situation de départ avec des badges au lieu des clés. Pour les activités de sécurité privée, vérifiez l’autorisation CNAPS de l’entreprise.